Feuille de route ministérielle pour 2026 : quelle place pour la télémédecine ?

Written by Comité de rédaction | May 11, 2026 6:00:00 AM

Auditionnée les 29 et 30 avril derniers par la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale et du Sénat, Stéphanie Rist a présenté les grandes orientations de sa feuille de route pour les mois à venir. Cette audition a permis de préciser plusieurs priorités gouvernementales autour de l’accès aux soins, de l’organisation territoriale, de la prévention ou encore du numérique en santé.

La question de la télémédecine y a occupé une place notable. À plusieurs reprises au cours des échanges parlementaires, les outils de santé numérique ont été présentés comme des leviers désormais pleinement mobilisés pour face aux difficultés d’accès aux soins.

 

L’accès aux soins au cœur de la feuille de route

L’accès aux soins constitue le premier axe de cette feuille de route. Le constat dressé reste celui d’un système sous tension, marqué par la persistance de fortes inégalités territoriales et par l’absence de médecin traitant pour près de six millions de Français.

Dans ce contexte, le Gouvernement entend s’appuyer sur plusieurs leviers complémentaires : le développement des coopérations entre professionnels, la création de nouveaux lieux de soins par le biais du programme France Santé, l’augmentation du temps médical disponible, mais également l’accélération du recours à la télémédecine.

 

Une attention particulière portée à la téléconsultation assistée

Au fil des échanges, la téléconsultation assistée a fait l’objet d’une attention particulière. Le modèle associant un professionnel de santé accompagnant le patient lors de la téléconsultation, notamment en officine ou en cabinet infirmier, a été explicitement valorisé. La mise en avant de cette modalité de consultation à distance s’inscrit dans la continuité des conclusions des Assises de la télémédecine présentées en janvier dernier.

En favorisant l’inclusion des patients nécessitant un accompagnement dans leur parcours de soins, cette approche apparaît de plus en plus comme une modalité de prise en charge susceptible de répondre à certaines fragilités territoriales, notamment dans les zones où l’offre médicale demeure insuffisante.

L’audition a également mis en lumière le retard relatif de la France en matière de téléconsultation. Les chiffres évoqués rappellent que la téléconsultation représenterait aujourd’hui environ 4 % des consultations dans l’Hexagone, contre près de 20 % en moyenne dans les pays de l’OCDE et jusqu’à 40 % en Espagne.

Ces comparaisons traduisent la volonté des pouvoirs publics d’inscrire davantage la télémédecine dans l’organisation des soins au cours des prochains mois.

 

 

La télémédecine comme levier de lutte contre les déserts médicaux

Plus largement, les outils numériques ont été régulièrement présentés comme des leviers concrets pour répondre à la désertification médicale et réduire les délais d’accès aux spécialistes.

Téléconsultation, télé-expertise, équipes de soins spécialisés ou encore dispositifs de coopération territoriale ont ainsi été évoqués comme des réponses complémentaires destinées à renforcer l’offre de proximité.

Le dispositif France Santé, actuellement en cours de déploiement, doit notamment contribuer à structurer cette offre dans les territoires les plus fragiles.

 

 

Des réflexions qui se poursuivent sur la régulation

Cette audition a également confirmé que les réflexions autour de l’encadrement et de la régulation de la télémédecine allaient se poursuivre dans les prochains mois.

Les discussions récentes autour des plateformes numériques de santé et de certaines dérives observées ont été évoquées lors du temps d’échange parlementaire, dans le prolongement des discussions engagées ces derniers mois autour du cadre d’exercice de la téléconsultation.

La question du seuil de 20% d’activité en télémédecine a également été soulevée lors des débats consacrés aux zones rurales et aux tensions d’accès aux soins. Les annonces gouvernementales du mois de janvier dernier prévoyaient d’ailleurs un assouplissement de ce seuil dans certaines situations ciblées.

 

Le numérique en santé confirmé comme chantier stratégique

Au-delà de la seule télémédecine, cette feuille de route confirme enfin la place croissante accordée au numérique en santé dans les politiques publiques.

La création prochaine d’une direction dédiée à la recherche, à l’innovation et au numérique en santé a ainsi été annoncée, avec un accent particulier mis sur les enjeux de souveraineté numérique et d’hébergement des données de santé.

À titre d’exemple, le choix de Scaleway pour remplacer Microsoft dans l’hébergement des données de santé des Français a été présenté comme un marqueur important de cette stratégie.

 

À travers cette audition, plusieurs signaux ressortent clairement : la volonté d’accélérer le développement des usages de télémédecine, la reconnaissance croissante de la téléconsultation assistée, ainsi qu’une intégration de plus en plus forte des outils numériques dans les stratégies territoriales d’accès aux soins.

Dans un contexte où les tensions médicales demeurent particulièrement fortes, ces orientations devraient continuer à structurer les travaux des prochains mois autour de l’organisation du système de santé et de la place de la télémédecine dans le parcours de soins.